En 2022, le prix des terres agricoles repart à la hausse

Le prix moyen des terres et prés libres est en hausse. Il atteint 6 130 €/ha en 2022, soit une augmentation de 3,2 %. Ce dynamisme est moins marqué dans les zones de grandes cultures (7 390 €/ha, soit +1,6 % par rapport à 2021) et les zones d’élevage (4 650 €/ha, +1,7 %). Le constat est similaire pour les terres et prés loués. Le marché enregistre une hausse de 2,9 %, soit un prix moyen à l’hectare de 5 060 € en 2022.
« Après le sursaut de 2021 consécutif à la fermeture de 2020 due à la crise sanitaire, de nouveaux records sont atteints en nombre de transactions, en surface et en valeur avec toutefois des hausses nettement moins soutenues qu’en 2021 », détaille la Safer. Ainsi, sur un an, les transactions s’élèvent de 2,5 % pour un total de 106 130, soit 2,7 % de surface agricole en plus vendues (480 400 ha), pour un montant de 7,14 milliards d’euros (+ 4,9 % par rapport à 2021). Les principaux acquéreurs sont les agriculteurs personnes physiques ou morales.
Du côté du marché des vignes, « le marché progresse encore et atteint un niveau de surfaces inédit ». L’année passée comptabilise 9 490 transactions (+ 1,1 %), ce qui représente 18 400 ha (+ 5,4 %) pour un montant total de 1 milliard d’euros.
En 2022, le prix des vignes poursuit sa progression :
- Vignes AOP : + 2,3 % à 151 200 €/ha
- Vignes à eaux-de-vie AOP : + 3,2 % à 60 400 €/ha
- Vignes hors AOP : + 1,9 % à 15 300 euros/ha
Au cours de la même période, le marché des parts sociales a battu des records, « probable effet d’anticipation de la mise en œuvre de la loi n° 2021-1756 du 23 décembre 2021 (dite loi Sempastous) ». Ce marché totalise en 2022 : 9 490 transactions (+ 24,8 %), pour une valeur de 3,11 milliards d’euros (+ 104,8 %). Comparé au marché foncier agricole, le marché des parts sociales (sociétés de portage du foncier et d’exploitation agricole) représente l’équivalent de 7,9 % du nombre de transactions, 1,6 fois la surface et 36,5 % de la valeur.
Pour l’année écoulée, près de la moitié (46 %) des cessions de parts a lieu entre membres d’une même famille. Les cessions de réorganisation, notamment entre associés non familiaux d’une même société, représentent 13 % des cessions de parts. Enfin, les cessions en faveur d’un tiers, n’ayant ni lien de parenté avec le cédant, ni étant déjà associé dans la société, représentent 41 % des cessions de parts.
Autre fait marquant en 2022, la chute à un niveau plancher inédit en 30 ans des surfaces destinées à l’urbanisation (- 46 % en surface, - 37,3 % en nombre de transactions et - 31,4 % en valeur). Sont-ce les premiers effets de la stratégie « zéro artificialisation nette » formulée par la loi « climat et résilience » du 22 août 2021 ou bien l’une des conséquences du contexte économique actuel ?